L'Âge d'or, depuis 2010

Images

Dans la mythologie grecque, l’âge d’or est un temps d’innocence, de justice, d’abondance et de bonheur où le printemps est perpétuel, les champs sont fertiles, les hommes vivent dans une quiétude édénique et sans souffrance. L’âge d’argent succède à l’âge d’or, les hommes commencent à perdre leur insouciance et une partie de leur joie, qu’ils sont contraints de cultiver la terre pour subvenir à leurs besoins.

Depuis 2010, je saisis des instants dans l’intimité du vécu ordinaire d’une jeunesse genevoise que l’on pourrait qualifier d’aisée; ceux-ci témoignent d’une certaine insouciance parfois teintée d’anxiété. Le passage éphémère de ces jeunes dans la « vie de bohème », même s’ils seront bientôt conditionnés par les contingences et la réalité de leur milieu.

On y retrouve, pêle-mêle, des sujets intimistes: un jeune homme s’adonnant pensivement à ses ablutions matinales, une fille rêvant devant sa fenêtre, un baiser masqué. D’autres images nous font deviner ce que ces personnes sont en passe de devenir: une fille et sa mère qui se confondent presque, un jeune homme jouant à la guerre.

Ces personnages solitaires trahissent une angoisse latente, mais dès qu’ils sont en groupe, une autre sensation transparaît. Ils laissent éclater leur joie de vivre, factice ou non, car leur existence est en tension constante entre le poids de leur milieu social, de leurs devoirs et leurs désirs de liberté, d’expression et d’émancipation. Un jour ils devront faire un choix: assumer pleinement les codes de ce milieu, pour la plupart, s’en détacher, pour certains.

J’espère partager ma grande curiosité pour cet âge d’or hanté par le spectre d’un âge d’argent qui lui succédera, un jour ou l’autre.